dimanche 9 avril 2017

Habib Bourguiba


Habib Bourguiba (الحبيب بورقيبة), de son nom complet Habib Ben Ali Bourguiba, né probablement le 1 à Monastir et mort le dans la même ville, est un homme d’État tunisien, président de la République entre 1957 et 1987.
Avocat formé en France dans les années 1920, il revient en Tunisie pour militer dans les milieux nationalistes. En 1934, à l’âge de 31 ans, il fonde le Néo-Destour, fer-de-lance du mouvement pour l’indépendance de la Tunisie.
 Plusieurs fois arrêté et exilé par les autorités du protectorat français, il choisit de négocier avec la Quatrième République, tout en faisant pression sur elle, pour atteindre son objectif. Une fois l’indépendance obtenue le , il contribue à mettre fin à la monarchie et à proclamer la République, dont il prend la tête en tant que premier président le .
Dès lors, il s’emploie à mettre sur pied un État moderne. Parmi les priorités de son action politique figurent le développement de l’éducation, la réduction des inégalités entre hommes et femmes, le développement économique et une politique étrangère équilibrée, ce qui en fait une exception parmi les dirigeants arabes. Ceci n’empêche pas le développement d’un culte de la personnalité autour de sa personne — il porte alors le titre de « Combattant suprême » — et l’instauration d’un régime de parti unique pendant une vingtaine d’années. La fin de sa présidence, marquée par sa santé déclinante, la montée du clientélisme et de l’islamisme, se conclut par sa destitution, le , à l’initiative de son Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali.
Installé après sa destitution dans une résidence à Monastir, il meurt le et repose dans le mausolée qu’il s’était fait construire.

dimanche 2 avril 2017

Décès du poète russe Evtouchenko, figure de l'époque du dégel en URSS

Moscou - Le poète russe Evgueni Evtouchenko, figure emblématique de l'époque du dégel en Union soviétique, est décédé samedi à 84 ans aux États-Unis, a indiqué son épouse Maria Novikova à l'agence de presse publique russe RIA Novosti.

"Il est décédé il y a quelques minutes, entouré de ses proches, paisiblement", a déclaré Mme Novikova depuis les États-Unis.
Evgueni Evtouchenko a été un symbole du non-conformisme pendant le court dégel post-stalinien de Nikita Khrouchtchev au début des années 1960, avant de devenir un soutien loyal et un privilégié du régime jusqu'à la chute de l'URSS.

"Evtouchenko était un grand poète, son héritage est une partie intégrante de la culture russe", a déclaré M. Peskov, cité par RIA Novosti.
"Ses poèmes trouvaient écho dans les cœurs des millions de personnes", a souligné pour sa part le dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, cité par l'agence, en estimant que c'était un "homme qui se souciait du sort de son pays et du monde entier, croyait en la bonté et cherchait la justice".
"Evtouchenko était une légende (...), qui vivait selon sa propre formule: un poète en Russie, c'est plus qu'un poète", a déclaré Natalia Soljenitsyne, veuve de l'écrivain et dissident russe Alexandre Soljenitsyne, à la chaîne publique russe Rossia 24.
"Il influençait le temps où il vivait, et il a fait changer beaucoup de choses", a estimé pour sa part Zoïa Bogouslavskaïa, veuve d'un autre célèbre poète russe, Andreï Voznesenski, citée par l'agence officielle TASS.
Peu après son hospitalisation cette semaine, Evtouchenko avait demandé à être enterré à Peredelkino, près de Moscou, "non loin du tombeau de Boris Pasternak", a affirmé à TASS le producteur Sergueï Vinnikov, qui était chargé des préparatifs pour un festival de poésie prévu cet été en Russie à l'occasion
des 85 ans du poète.
Né le 18 juillet 1933 dans la région d'Irkoutsk, en Sibérie, Evtouchenko a publié ses premiers poèmes à 20 ans. Rapidement, il a connu une grande popularité en URSS, où sa liberté de ton et son non-conformisme tranchaient avec les normes jusqu'alors admises dans la littérature de l'époque stalinienne.
Evtouchenko vivait depuis une vingtaine d'années aux Etats-Unis. Il donnait des cours ces dernières années à l'Université de Tulsa, dans l'Oklahoma.
inRead invented by TeadsLe président russe Vladimir Poutine a exprimé dans la soirée ses condoléances aux proches du poète, selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. 

mercredi 29 mars 2017

Cinq questions pour comprendre le déclenchement du Brexit

Le gouvernement britannique déclenche mercredi le processus historique de divorce avec l'Union européenne, coup d'envoi de deux années de négociations complexes. 

Jour J pour le Brexit. Le Royaume-Uni active, mercredi 29 mars, l'article 50 du traité de Lisbonne qui lancera officiellement le processus de sortie de l'Union européenne (UE), neuf mois après le référendum du 23 juin au cours duquel les Britanniques ont voté à près de 52% pour quitter l'Union.
Cette étape formelle va permettre d'entamer les tractations complexes entre Londres et Bruxelles. Elles pourront durer jusqu'à deux ans pour mettre fin à plus de quarante années d'une relation tourmentée. Une période de négociations s'ouvre ainsi, dont l'issue reste incertaine. Pour mieux comprendre ce qui est en jeu, franceinfo revient sur cinq questions que vous vous posez peut-être sur le Brexit.

Que dit l'article 50 du traité de Lisbonne ?

La procédure de sortie de l'Union est inédite, mais prévue par l'article 50, introduite en 2009 dans le traité de Lisbonne. L'article définit les modalités d'un retrait volontaire et unilatéral, qui est un droit ne nécessitant aucune justification. Mercredi 29 mars, l'ambassadeur du Royaume-Uni à Bruxelles remettra une lettre notifiant l'activation de l'article 50 au Conseil européen, la réunion des chefs d'Etat ou de gouvernement de la Communauté européenne.
Des négociations vont s’engager pour aboutir à un "accord de retrait" d'ici à deux ans au maximum. Les deux parties doivent fixer les modalités de cette sortie du Royaume-Uni et éventuellement les nouvelles relations qu'il entretiendra avec l'UE. Cet accord sera conclu au nom de l'Union par le Conseil européen à une majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen et du Royaume-Uni.
>> En savoir plus - Que dit l'article 50, qui va encadrer la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ? 

A quoi faut-il s'attendre ? 

"Souple sur la forme, mais dur sur le fond." En janvier, Theresa May a exposé sa stratégie concernant le Brexit. La Première ministre britannique souhaite une sortie du marché unique, un nouvel accord douanier et un retrait de la Cour de justice de l’Union européenne. Lors de ce discours, la Première ministre a également mis en garde contre un accord "punitif" à l'égard de son pays qui serait "un acte calamiteux qui nuirait à [l'UE]".
Pour Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences Po et spécialiste des questions européennes et internationales, Theresa May souhaite "renoncer à des libertés essentielles de l’Union européenne : la liberté de circulation des marchandises, des capitaux, des services et des travailleurs". 
>> En savoir plus - Theresa May a choisi un Brexit "souple sur la forme, mais dur sur le fond" 
>> En savoir plus - A quoi faut-il s'attendre après le déclenchement du Brexit ?

Quelles conséquences pratiques pourrait avoir le Brexit pour vous ?

dimanche 19 mars 2017

Chuck Berry, pionnier du rock'n'roll, est mort





Chuck Berry, l'une des plus grandes figures du rock'n'roll, est mort aujourd'hui dans sa maison du Missouri, a annoncé la police locale, dans le comté de St Charles. Charles Edward Anderson Berry Sr a été trouvé inanimé par les secouristes et son décès a été prononcé à 13H26 locales, a précisé la police sur son compte Facebook. Le chanteur guitariste était âgé de 90 ans.
Désigné comme “le père du rock’n’roll” par de nombreux admirateurs, il a influencé de nombreux artistes et a vu son répertoire souvent repris. C’est grâce à ses parents, choristes pendant l’office dans une petite église du Missouri, que le jeune homme découvre la musique. Avec comme idole Nat King Cole, il commence à apprendre la guitare pour jouer les titres qui passent à la radio. Sous l’égide de Ira Harris, son ami et professeur, Chuck Berry s’invente un style musical qui lui est propre. L’artiste se nourrit de différentes influences allant du blues à la country.
A partir de 1952, il joue de la guitare, chante avec plusieurs groupes éphémères et apprend le métier de la scène en se forgeant une gestuelle particulière. On se souvient de son duckwalk, qui consiste à jouer de la guitare en imitant une danseuse de french cancan souffrant d’arthrose. En 1955, le chanteur signe avec le label Chess Records et son premier titre ‘Maybellene’ se place à la cinquième position dans les charts.
Sa carrière lancée, cette bête de scène à la voix claire et à la diction précise enchaîne les tubes : ‘Roll Over Beethoven’, ‘Sweet Little Sixteen’, ‘Johnny B. Goode’, ‘Rock’n’Roll Music’, ‘School Days’, ‘No Particular Place To Go’, ‘Carol’, ‘You Never Can Tell’, etc.

mercredi 15 mars 2017

http://epanews.fr/video/giuseppe-les-ailes-du-paradis

http://epanews.fr/video/giuseppe-les-ailes-du-paradis

Disparition du peintre Henri Cueco



 

Le peintre Henri Cueco est décédé, a-t-on appris hier de la Galerie Louis Carré & Cie (Paris), qui le représentait depuis 1992, et de son fils, David Cueco, conservateur-restaurateur de peintures et d’art contemporain. « Chers amis, ce petit mot pour dire que Cueco n’est plus avec nous, et nous sans lui. Il nous reste sa mémoire. La nôtre aussi et son travail », indique un message signé « David et la famille jointe ». Né en Corrèze, à Uzerche, en 1929, Henri Cueco est un tenant influent de la Nouvelle Figuration, et devient membre fondateur de la Coopérative des Malassis en 1969. Il est sensible à la relation entre l’homme et la nature, et au rôle social de l’artiste. Il est ainsi présent, avec sa femme Marinette, dans l’exposition actuelle à la Maison rouge, à Paris, sur « L’esprit français ». Attentif à l’histoire de l’art, l’artiste a ces dernières années beaucoup travaillé à partir d’œuvres classiques, d’Ingres ou Poussin. Collectionneur, homme de radio, il a publié de nombreux ouvrages, dont Narcisse navré, au Seuil en 2003, ou le Discours inaugural du centre national de la faute d’orthographe et du lapsus (1998). Une cérémonie se tiendra au Crématorium du Père Lachaise, à Paris, lundi 20 mars à 10 heures.

lundi 16 janvier 2017

Paul Lombard ou la défense comme absolu

DISPARITION - Le pénaliste s'est éteint dimanche. Ce lettré séducteur, amoureux du verbe et des arts, avait plaidé des affaires retentissantes. Comme celle de Christian Ranucci, l'un des derniers condamnés à mort.
«Il n'y a pas de grand avocat, il n'y a que de grandes affaires», lançait Paul Lombard. Mais comment définir autrement le doyen des pénalistes, vieux lion à la crinière argentée alors qu'il vient de s'éteindre, emporté dimanche après-midi par une infection pulmonaire à quelques semaines de son 90e anniversaire?
Monument du barreau, ténor des dossiers Villemin, Furiani, Bruay-en-Artois, Elf, Heysel, Simone Weber, Gubler ou de Broglie pour ne citer que les plus célèbres, Paul Lombard a traversé au moins un demi-siècle de procès en y laissant notamment la trace d'un grand opposant à la peine de mort. Car s'il est une affaire qui a marqué sa carrière et continué de le hanter pendant de longues années, c'est bien celle de Christian Ranucci, guillotiné aux Baumettes en juillet 1976 pour l'enlèvement et le meurtre d'une fillette de 8 ans, Marie-Dolorès Rambla.
Défenseur de l'antépénultième condamné en France, Paul Lombard se rappelait encore il y a quelques années avec effroi, pour Le Figaro, «l'atmosphère de corrida, de mise à mort» qui empoisonnait alors la cour d'assises des Bouches-du-Rhône avant l'exécution de son client. «À l'époque, 58 % des Français étaient partisans de la peine de mort. À Aix, les jurés, les trois magistrats et le public l'étaient. J'ai la conviction qu'on a jeté un innocent en pâture.»

«Paul, c'est une légende du verbe qui s'éteint, confie Me Olivier Baratelli, son associé, qui a commencé dans son cabinet comme stagiaire en 1987. C'était un des plus grands avocats, qui alliait plusieurs passions: la plaidoirie et la littérature, l'histoire et le droit. C'était aussi le plus doux des hommes. Pendant toutes ces années, je ne l'ai jamais entendu élever la voix.»
«Défendre, c'est l'impératif absolu», aimait également à dire Paul Lombard. Né en 1927, ce Marseillais a percé comme défenseur des caïds du milieu. «Élève de l'illustre Émile Pollak, il était monté à Paris parce que c'était là que tout se passait. À l'époque, il n'y avait ni TGV ni téléphone portable. Or, les grandes affaires, c'était à Paris!», retrace Me Baratelli. S'il a quitté le barreau de Marseille pour celui de Paris, où il a fondé le cabinet Lombard - devenu Lombard Baratelli & Associés -, l'avocat a toujours gardé la Cité phocéenne dans son cœur. Au point de lui dédier un Dictionnaire amoureux. «Je suis deux tiers marseillais, deux tiers parisien», résumait le pénaliste adopté par la rive gauche. Un ouvrage parmi beaucoup d'autres pour l'avocat féru de lettres qui a plusieurs fois caressé le rêve d'entrer à l'Académie française.

Son élégant appartement-musée au pied du Luxembourg, dont l'entrée était occupée par une sculpture de César, témoignait de sa passion pour les belles choses. Cet «ami des arts», n'a-t-il pas réglé les successions d'artistes de premier plan comme Picasso, Bonnard, Balthus, Chagall?
Homme de goût, séducteur et courtois, armé de son charme à l'ancienne, Paul Lombard affichait un carnet d'adresses à rallonge et pouvait se prévaloir de nombreuses et solides amitiés dans les milieux des arts, de la politique comme dans celui des affaires. Il fut un des créateurs du Club des Cent, regroupant grands patrons, juristes de renom et décideurs et son nom a même été évoqué pour le ministère de la Justice. «Il n'a jamais rêvé d'être ministre. Il avait été très proche de Gaston Defferre, de Michel Charasse, mais c'était surtout un homme de l' “extrême centre”», tempère Me Baratelli. En décembre 1988, il avait cependant traversé un coup dur lorsqu'il avait été inculpé dans un dossier de transaction frauduleuse, l'affaire Suzanne de Canson. Mais le vieux lion se releva. L'âge ne semblait pas non plus avoir de prise sur sa passion pour le droit, qu'il a transmise à ses enfants Martine et Bruno, qui sont devenus avocats. Une passion restée intacte dans les dernières années de sa vie. «Il a travaillé jusqu'à très tard. Il n'a jamais pris sa retraite, glisse un proche. Il détestait la mort…»