mercredi 4 octobre 2017

Mort de Michel Jouvet, père du sommeil paradoxal et scientifique du rêve

Le neurobiologiste Michel Jouvet, pionnier de la médecine du sommeil et auteur du concept de "sommeil paradoxal", lors duquel ont lieu les rêves, est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 91 ans-AFP/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Le neurobiologiste Michel Jouvet, pionnier de la médecine du sommeil et auteur du concept de "sommeil paradoxal", lors duquel ont lieu les rêves, est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 91 ans à Villeurbanne (Rhône), a annoncé sa famille mardi à l'AFP.

La découverte en 1959 du "sommeil paradoxal", sorte de troisième état du cerveau, avait ouvert la porte sur un domaine entièrement nouveau puisque auparavant, seuls deux états étaient censés exister, le sommeil et l'éveil.
Le prix Nobel de médecine décerné lundi a couronné un domaine de recherche proche de celui de Michel Jouvet: il a été attribué à trois généticiens américains spécialistes de l'horloge biologique et de l'adaptation du corps au cycle du jour et de la nuit.
Michel Jouvet, qui a longtemps dirigé un laboratoire de l'Inserm à Lyon, "était toujours à l'affût des nouvelles recherches, même s'il était très fatigué depuis un an", a déclaré à l'AFP son fils, Philippe Jouvet.
Interne en neurologie à Lyon dans les années 50, il séjourne aux Etats-Unis pour se former et débute ses recherches sur le sommeil. Il étudie l'activité cérébrale d'animaux durant l'éveil et le sommeil, en leur plaçant des électrodes.
"Je me suis rapidement rendu compte qu'il y avait, à côté des phases de sommeil dit lent (déjà décrit), des périodes d'activité rapide qui ressemblaient à l'éveil alors que l'animal ne semblait pas éveillé", racontait-il au Point en 2014.
Cet état s'accompagne toutefois d'une absence de tonus musculaire: "c'était donc différent de l'éveil, malgré la présence de mouvements oculaires. C'est pourquoi j'ai parlé de sommeil paradoxal. Et on s'est très vite aperçu que cela correspondait au moment des rêves".
- Différents stades -
En 1961, il établit la classification du sommeil en différents stades: sommeil lent ("télencéphalique", caractérisé par des ondes lentes sur les tracés d'électroencéphalographie) et sommeil paradoxal ("rhombencéphalique"), durant lequel sont enregistrés des mouvements oculaires rapides (d'où son nom en anglais de REM-sleep, REM pour "rapid eye movements").
Ces mouvements oculaires rapides durant une phase bien précise du sommeil avaient été découverts dès 1953 par les Américains Nathaniel Kleitman et Eugene Aserinski, les précurseurs dans ce domaine. Michel Jouvet a marché dans leurs pas.
"Il a mis en évidence le fait que cet état était associé à une atonie musculaire et l'a différencié du sommeil lent en montrant que c'était un état en soi. Et c'est lui qui a nommé le sommeil paradoxal", a indiqué à l'AFP Pierre-Hervé Luppi, l'un de ses successeurs au sein du Centre de recherche en neurosciences de Lyon.
"Au niveau mondial, il fait partie des très grands, des monuments (de la recherche sur le sommeil), avec Kleitman et Aserinsky et un autre Américain, William C. Dement", a-t-il poursuivi.
Michel Jouvet est également l'un des scientifiques à l'origine du concept de "mort cérébrale", dont il avait décrit les signes électroencéphalographiques en 1959.
Il avait par ailleurs découvert les propriétés anti-sommeil d'une molécule, le modafinil.
"Elle reste aujourd'hui la plus efficace pour traiter l'hypersomnie et la narcolepsie, deux pathologies du sommeil très invalidantes", rappelle l'Inserm sur son site internet.
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal a "salué la mémoire de cet éminent scientifique qui aura fait avancer la science et rayonner la France".
Médaille d'or du CNRS, Michel Jouvet, qui aurait eu 92 ans le 16 novembre, avait publié plusieurs livres sur le sommeil et les rêves.
Natif de Lons-le-Saunier, cet ancien résistant dans les maquis du Jura avait quatre enfants et cinq petits-enfants.




mardi 3 octobre 2017

DISPARITION

 - Avec le decès à 83 ans de Jalal Talabani, artisan inlassable de l'unité nationale, l'Irak perd un avocat, un médiateur et une partie de son histoire.
On l'appelait Mam Jalal, «Oncle Jalal» en kurde, sa langue natale. Ce surnom lui allait bien. Rond et affable, le président irakien, Jalal Talabani, 83 ans, était réputé pour son amabilité, la qualité de sa table et celle de sa bibliothèque. Il était amateur de poésie, de bons vins et de cigares. Il parlait aussi bien, outre le kurde, l'arabe, l'anglais et le farsi, et même un peu de français. Jalal Talabani faisait figure de rassembleur. L'Irak en avait bien besoin quand le Parlement l'a élu en 2005, quand le pays essayait de se reconstruire après plus de trois décennies de dictature.





Une histoire de sang, de fureur et de traîtrises. Dans ce pays, peut-être le plus violent du Moyen-Orient, le pouvoir ne se gagne pas dans un fauteuil, et on ne devient pas «oncle» seulement à coups de fourchette. Ce surnom, d'abord gage de respect pour les politiciens-combattants charismatiques, Jalal Talabani l'avait obtenu jeune, l'avait consolidé les armes à la main, et l'avait conservé en ne s'interdisant aucune manœuvre pour atteindre ses objectifs. Avant de se réincarner en arbitre débonnaire, le président avait suivi un chemin plutôt sinueux.
Né en 1934 dans une famille sans prestige tribal de Koysandjak, un village du Kurdistan irakien, il se politise rapidement au cours de ses études de droit à Bagdad. Le jeune Talabani s'engage dans le mouvement nationaliste incarné par Moustapha Barzani, le dirigeant du Parti démocrate du Kurdistan (PDK). À 20 ans, il intègre le comité central de cette formation à tendance marxiste. Bon orateur, il devient vite populaire. Étape classique d'un parcours de jeune ambitieux, il épouse la fille du secrétaire général, Ibrahim Ahmad.
C'est avec son beau-père qu'il fait sécession. Le tandem Ahmad-Talabani ne recule devant aucun moyen, pas même l'alliance avec le diable. Les dissidents du PDK choisissent le camp de Bagdad dans la guerre qui oppose Moustapha Barzani, rentré de son exil à Moscou, avec le pouvoir central. Entre 1966 et 1970, les combattants de la faction Talabani-Ahmad se transforment en armée auxiliaire du régime, qui tombera en 1968 aux mains du Baas, le parti du futur tyran Saddam Hussein. Mais en Orient, la réconciliation peut suivre rapidement la trahison. Moustapha Barzani passe un accord d'autonomie avec Bagdad, et Jalal Talabani rejoint le PDK. Il est envoyé représenter le parti à Beyrouth et à Damas, où il gagne ses galons de diplomate.
Il reprend la kalachnikov en 1975, cette fois contre le pouvoir. C'est alors qu'il renforce son prestige militaire. La geste kurde raconte que Talabani résista jusqu'au bout contre l'armée, avec une poignée de combattants, dont sa femme.

La politique du pire

Il tire les dividendes de son statut de héros en formant son propre parti, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK). Commence une nouvelle période de lutte fratricide et de renversements d'alliances. Réconciliés contre Saddam à la fin des années 1980, quand le dictateur gaze des milliers de Kurdes, les deux partis s'affronteront de nouveau après la première guerre du Golfe. Il s'agit maintenant de savoir qui prendra le contrôle du Kurdistan irakien, protégé par les États-Unis. L'UPK ou le PDK, maintenant dirigé par Massoud Barzani, le fils de Moustapha? Jalal Talabani choisit encore la politique du pire. Il rejoint Saddam Hussein... La guerre civile kurde reprend. Elle ne s'achèvera qu'en 2003, à la chute du dictateur.
De nouveau réconciliés, les deux rivaux se sont partagé les tâches. À Talabani la présidence de tout l'Irak, à Barzani la direction du Kurdistan irakien. Les différends n'étaient pas résolus. Jalal Talabani prêchait l'unité, Massoud Barzani s'émancipe de plus en plus, dans une ambiance de conflit larvé avec le gouvernement.Quelques jours avant sa disparition, son rival de toujours a déclenché le processus d'indépendance du Kurdistan. Jamais remis d'une attaque cardiaque en 2012, plongé dans un état quasi végétatif, l'Oncle Jalal n'était plus là pour tenter une nouvelle pirouette.
(http://www.lefigaro.fr/international/2017/10/03/01003-20171003ARTFIG00190-jalal-talabani-ancien-president-irakien-est-mort.php)




lundi 25 septembre 2017

La doyenne des comédiennes Gisèle Casadesus est morte

http://www.lefigaro.fr/theatre/2017/09/25/03003-20170925ARTFIG00018-l-actrice-gisele-casadesus-est-morte.php

Sociétaire honoraire de la Comédie-Française, la pétillante comédienne est décédée dimanche à l'âge de 103 ans. Au théâtre, l'actrice s'est essayé à tous les registres de Marivaux à Ionesco avant de partager les plateaux de cinéma avec Jean Marais, Raimu, Jean Gabin et même Gérard Depardieu.
La butte Montmartre est en deuil. Gisèle Casadesus a rejoint son ami Jean-Louis Barrault qui habitait comme elle, ce quartier parisien. La doyenne des comédiennes françaises, Gisèle Casadesus, est décédée dimanche à l'âge de 103 ans, a annoncé sa famille. «Entourée de l'amour de ses proches, [elle] s'est éteinte paisiblement ce 24 septembre en son domicile parisien», déclare son fils, le chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus.
Née le 14 juin 1914 de parents musiciens, Gisèle Casadesus aimait à raconter qu'elle avait appris les notes avant les lettres, découvert le théâtre grâce à l'opérette, car son père dirigeait la Gaîté lyrique.
» Lire aussi une interview de 2014 pour ses 100 ans - Gisèle Casadesus: «Une longue vie, ça passe vite!»
400e sociétaire de Molière, elle avait été engagée à la Comédie-Française à vingt ans, en 1934 après avoir reçu le premier prix de comédie au Conservatoire d'art dramatique de Paris. Elle conservait chez elle l'affiche du Barbier de Séville, de Beaumarchais, qui l'avait vue débuter dans le rôle de Rosine. Gisèle Casadesus y passe trente ans, avec un emploi qui évolua de l'ingénue et jeune première du répertoire à la soubrette de Marivaux et à la jeune femme piquante de Feydeau. Sous la direction de Jacques Copeau, elle a créé notamment Asmodée, (dans le rôle d'Emmanuelle) la première pièce de François Mauriac. Ce qui lui vaudra d'être nommée sociétaire du Français en 1939
Après son départ du Français, elle joua sur d'autres scènes Anouilh, Ionesco, Roussin, Beckett. En 1995, elle décide de faire ses adieux à la scène avec Savannah Bay de Marguerite Duras qu'elle présente avec sa fille Martine Pascal, mais le public plébiscite la pièce. En 2004, à la demande de Bernard Murat et de sa famille chérie, elle remonte sur les planches pour À chacun sa vérité, de Pirandello, qu'elle avait déjà joué, en 1962, au Français, ce qui lui valut un Molière d'honneur.

mardi 8 août 2017

Mort tragique de l'écrivain Gonzague Saint Bris

DISPARITION - Âgé de 69 ans, il est décédé brutalement le 8 août dans un accident de la route. Il laisse une cinquantaine d'ouvrages, principalement des biographies historiques.
L'écrivain et journaliste Gonzague Saint Bris est décédé cette nuit du 7 au 8 août dans un accident de la route en Normandie près de Pont-l'Évêque. L'information a été annoncée par Le Pointet confirmée par la gendarmerie de Pont-L'Évêque au Figaro. Le petit monde culturel français est frappé de stupéfaction face à la disparition brutale de cette figure omniprésente, silhouette reconnaissable à ses cheveux longs d'éternel romantique, qui animait la vie littéraire.
Dans une vingtaine de jours doit se tenir la manifestation ouvrant le bal de la rentrée littéraire, la 22e édition du festival La Forêt des livres, qu'il avait créé dans le village de Touraine, près de Loches, où il avait vu le jour le 26 janvier 1948. Une «forêt des livres» qu'il a contribué lui-même à peupler en n'écrivant pas moins d'une cinquantaine d'ouvrages, principalement sur l'Histoire et ses grands personnages, sa passion de toujours. On peut citer celles sur Léonard de Vinci, François 1er, Desaix ou encore Alfred de Vigny.
Écrivain médiatique, journaliste charismatique, aristocrate de nature mondaine, Gonzague Saint Bris est le fils du diplomate Hubert Saint Bris et d'Agnès Mame, elle-même descendante de Louis Mame, premier éditeur de la Comédie Humaine. Il est le deuxième d'une famille de huit enfants élevés au Clos Lucé en Touraine, la maison d'enfance de François Ier qui y logea un Léonard de Vinci vieillissant mais encore très actif. La propriété évocatrice, qui accueille aujourd'hui un nombre impressionnant de visiteurs venus du monde entier, en témoigne.

Un goût pour les grands personnages et les hauts faits

Cette enfance passée aux côtés des fantômes de l'Histoire a sans aucun doute fait éclore chez lui un goût pour les grands personnages et les hauts faits. Aux guerres et aux tourments du passé, il préférait la petite histoire, les secrets d'alcôves et les grandes passions amoureuses des puissants mais aussi les destins brisés qu'il savait raconter avec un goût certain, une pointe d'insolence et un sens affirmé de la vulgarisation.
À côté de l'image de l'écrivain germanopratin qu'intronisa le jeune homme beau dans les années 70, et à celle de l'écrivain ambitieux qui échoua par trois fois ces dernières années à entrer à l'Académie française, on retiendra aussi l'image d'un homme secret sachant cacher ses failles. Il les avait dévoilées dans son livre le plus personnel, Les Vieillards de Brighton (Grasset), paru en 2002 pour lequel il avait reçu le prix Interallié. Il y racontait une enfance qui ne fut pas si heureuse que le laisse supposer le charmant tableau de la famille qui possède et gère toujours le Clos Lucé.
A l'âge de cinq ans, à la suite d'une dispute avec son frère, son père le punit en l'envoyant un an pensionnaire dans un asile de vieillards du sud de l'Angleterre. «Je pénétrai dès lors dans la race des enterrés», expliqua-t-il au moment de la sortie de cet ouvrage qui narre la plongée effarante du garçonnet dans un univers sombre et halluciné. En 2007, il déclarait au magazine VSD: «Ma mère a eu sept garçons et une fille, et moi je n'ai eu qu'un désir: être un enfant unique. Vous comprenez dès lors pourquoi je cherche tant à me singulariser».

L'aventure des radios libres

Gonzague Saint Bris fut aussi un journaliste et chroniqueur infatigable, débutant à la République du Centre Ouest d'abord avant de rejoindre la presse nationale dont Le Figaro mais il fut également chroniqueur pour Elle ou Paris Match et directeur du magazine Femmes dont il fit un succès. Volontiers touche à tout, cet autodidacte gourmand contribua à l'aventure des radios libres et certains se souviennent avec émotion de ses qualités d'animateur sur la radio Europe 1 à la fin des années 1970, en particulier de l'émission «La ligne ouverte», où il recueillait la parole des auditeurs dans une remarquable ambiance d'écoute fraternelle.
Son dernier livre, Les Aristocrates rebelles, paraîtra fin août aux Arènes. Il est dédié à ses grands-parents paternels, morts en déportation pour faits de résistance.

http://www.vinci-closluce.com/fr

samedi 6 mai 2017

Le peintre allemand A.R. Penck, dont l'oeuvre trouve son inspiration dans la peinture des cavernes et l'art brut, est mort mardi à Zurich à 77 ans, a annoncé jeudi à Paris la Fondation Maeght, qui présente actuellement une rétrospective de son travail.

http://culturebox.francetvinfo.fr/arts/peinture/deces-de-l-artiste-allemand-ar-penck-255843

 Né à Dresde en 1939, Penck, de son vrai nom Ralf Winkler, "se réinventa et réinventa son art, comme s'il s'agissait d'être au commencement de la peinture, au commencement de nouvelles formes et de nouveaux langages, à la fois immémoriaux et inédits", écrit la fondation dans un communiqué. Elle salue un "artiste majeur du XXe siècle" qui "vécut à travers différents personnages plusieurs vies".Né à Dresde en 1939, Penck, de son vrai nom Ralf Winkler, "se réinventa et réinventa son art, comme s'il s'agissait d'être au commencement de la peinture, au commencement de nouvelles formes et de nouveaux langages, à la fois immémoriaux et inédits", écrit la fondation dans un communiqué. Elle salue un "artiste majeur du XXe siècle" qui "vécut à travers différents personnages plusieurs vies".

jeudi 4 mai 2017

L'acteur de Louis la Brocante, Victor Lanoux, est décédé des suites d'un acci­dent vascu­laire céré­bral (AVC) dans la nuit de mercredi à jeudi 3 mai. Un choc pour ses proches et pour tous ses admi­ra­teurs, d'autant qu'il s'était battu avec succès contre de graves problèmes de santé pendant près de 10 ans.

En 2007, il doit être opéré de l’aorte mais fait un AVC juste avant d’être hospi­ta­lisé. Puis, pendant l’opé­ra­tion, le chirur­gien commet une erreur médi­cale qui le lais­sera para­plé­gique. Lorsqu’il se réveille, les méde­cins lui annoncent qu’il ne pourra plus jamais remar­cher. Un coup dur terrible pour le comé­dien. Heureu­se­ment, le soutien infaillible de sa compagne Véro­nique l’aide à garder espoir. « Sa présence, sa force, son dyna­misme, m’ont aidé à surmon­ter les instants de décou­ra­ge­ment pendant ma longue réédu­ca­tion, avait-il expliqué en 2014 dans une inter­view à Gala. Quand le chirur­gien nous a annoncé que je reste­rai para­lysé, Véro­nique lui a répondu : ‘Non, il va s’en sortir’. »

Alors que personne n’y croyait, Victor Lanoux, à force de persé­vé­rance et grâce à la déter­mi­na­tion de Véro­nique, va peu à peu retrou­ver la mobi­lité. « Tout douce­ment, j’ai commencé à remuer les orteils, un pied, puis une jambe. C’était gagné ! » avait-il confié à Gala. Un véri­table miracle, qui lui permet de retrou­ver les plateaux de tour­nage envi­ron deux ans après le drame, en 2009. Entre-temps, Véro­nique lui a demandé de l’épou­ser, et il a accepté avec joie. Leur amour l’aide à tenir bon.

Mais le répit est de courte durée. Rapi­de­ment, Victor Lanoux doit de nouveau être opéré. Le couple doit alors tout reprendre depuis le début, et croire de nouveau en une lente et minu­tieuse réédu­ca­tion. Sauf que cette fois-ci, la douleur est insup­por­table. L’ac­teur songe même à en finir, pour ne plus souf­frir. Il s’arme d’un fusil, s’avance vers son jardin… « Sur le chemin, je faisais des pauses sur diffé­rents fauteuils, et je posais le fusil à côté de moi. A un moment donné, je me suis relevé sans le fusil », avait-il raconté, ému, sur le plateau de Salut les Terriens en 2014. Depuis deux ou trois ans, Victor Lanoux semblait avoir retrou­ver paix et séré­nité, au côté de sa femme adorée… Jusqu’à cet ultime acci­dent céré­bral, qui l’a laissé dans un coma pendant plusieurs jours, et auquel il n’a pas survécu.